Médaillé de bronze aux jeux de
Séoul 1988 au 4 fois 100m.
Actuel recordman de France du 200m en
20’’16.
Quels sont aujourd’hui vos liens avec le sport ?
Je suis actuellement professeur de sport chargé du lien avec
les entreprises. Mon expérience de haut niveau m’a
aussi permis de développer des méthodes
d’accès à la pratique
d’activité physique pour tous, pour le
bien-être, la santé mais sans négliger
la performance qui valorise les efforts. Quand je parle de performance,
il ne s’agit pas de battre des records mais
d’utiliser son potentiel personnel quel que soit son niveau
et d’en être fier.
Avez-vous connu au cours de votre carrière des
problèmes de tendons ou d’articulation ?
Comme tout sprinter de haut niveau j’ai connu des
problèmes de tendon d’Achille qui est le mal
récurrent de l’athlète moderne. A cela,
deux causes essentielles : le matériau utilisé
pour les nouvelles pistes (tartan très dur) qui favorise la
performance au détriment du confort de
l’athlète et les surcharges de travail au cours de
l’entraînement.
Vous reste-t-il des séquelles de cette douleur
au tendon ?
Non, aucune.
Vous a-t-on appris durant votre carrière
à préserver votre corps ?
Oui, j’ai eu la chance d’être
entraîné par Jacques Desprez qui a toujours mis en
avant la préservation de
l’intégrité physique plutôt
que la performance à tout prix.
Avez-vous aujourd’hui des douleurs articulaires ?
Oui, parfois elles sont localisées au niveau du genou
après un arrêt prolongé d’une
activité physique et elles sont liées me
semble-t-il à une perte de masse musculaire au niveau du
quadriceps.
Avez-vous passé des radios ?
Non jamais.
Pourquoi ?
Je n’en ressens pas le besoin car ma carrière
d’athlète m’a appris à
connaître mon corps.
Existe-t-il une méthode pour
préserver les articulations et que l’on pourrait
recommander au grand public au cours de l’activité
physique et en particulier de la course à pied ?
D’abord il faut apprendre à bien courir car ce
n’est pas forcément naturel. Si je ne devais
donner qu’un seul conseil, ce serait de faire le moins de
bruit possible à chaque appui. Plus on fait de bruit plus
l’onde de choc est importante et est suceptible de
créer un traumatisme.
Avoir de bonnes chaussures spécifiques de
l’activité est aussi essentiel. Dans le cas de la
course à pied varier les surfaces de pratique (sous bois,
gazon, bitume).
Faire un bon échauffement, est important au moins 20 mn :
rentrer progressivement dans l’activité, faire
monter en température muscles et tendons et
éviter les efforts brefs et violents.
Penser à faire un bon étirement avant
(très doucement) et après
l’activité (plus profond) pour favoriser la
récupération.
Bien-sûr il faut avoir une bonne hygiène
alimentaire et une bonne hydratation en parallèle de
l’activité physique.
Enfin, il ne faut pas forcer sa nature si l’on est
fatigué ou après une maladie car
l’organisme est plus fragile et les risques de blessures sont
accrus.
Comment interpréter une douleur articulaire au
cours de l’effort ?
Tout dépend de l’intensité et de sa
localisation.
Est elle passagère ou récurrente ?
Pour le tendon d’Achille une douleur après
échauffement doit conduire à étre
prudent. A partir d’un certain âge la douleur
n’est pas forcément le symptome d’une
maladie importante mais un signe naturel du vieillissement de
l’organisme. Il faut apprendre à vivre avec sans
la négliger. Toutefois, en cas de pratique
régulière il est peut être
nécessaire de demander un avis médical.
Que pensez-vous d’une prévention ou
d’un entretien nutritionnel des tendons et des articulations ?
Au cours de ma carrière beaucoup
d’athlètes consommaient des nutriments
d’entretien et de préservation de la
qualité des cartilages et des tendons comme la silice, la
chondroitine ou la glucosamine.