Interview Gilles Quénéhervé
Gilles Quénéhervé
  • Vice champion du monde à Rome 1987 du 200m.
  • Médaillé de bronze aux jeux de Séoul 1988 au 4 fois 100m.
  • Actuel recordman de France du 200m en 20’’16.
 



 


Quels sont aujourd’hui vos liens avec le sport ?
Je suis actuellement professeur de sport chargé du lien avec les entreprises. Mon expérience de haut niveau m’a aussi permis de développer des méthodes d’accès à la pratique d’activité physique pour tous, pour le bien-être, la santé mais sans négliger la performance qui valorise les efforts. Quand je parle de performance, il ne s’agit pas de battre des records mais d’utiliser son potentiel personnel quel que soit son niveau et d’en être fier.

Avez-vous connu au cours de votre carrière des problèmes de tendons ou d’articulation ?
Comme tout sprinter de haut niveau j’ai connu des problèmes de tendon d’Achille qui est le mal récurrent de l’athlète moderne. A cela, deux causes essentielles : le matériau utilisé pour les nouvelles pistes (tartan très dur) qui favorise la performance au détriment du confort de l’athlète et les surcharges de travail au cours de l’entraînement.

Vous reste-t-il des séquelles de cette douleur au tendon ?
Non, aucune.

Vous a-t-on appris durant votre carrière à préserver votre corps ?
Oui, j’ai eu la chance d’être entraîné par Jacques Desprez qui a toujours mis en avant la préservation de l’intégrité physique plutôt que la performance à tout prix.

Avez-vous aujourd’hui des douleurs articulaires ?
Oui, parfois elles sont localisées au niveau du genou après un arrêt prolongé d’une activité physique et elles sont liées me semble-t-il à une perte de masse musculaire au niveau du quadriceps.

Avez-vous passé des radios ?
Non jamais.

Pourquoi ?
Je n’en ressens pas le besoin car ma carrière d’athlète m’a appris à connaître mon corps.

Existe-t-il une méthode pour préserver les articulations et que l’on pourrait recommander au grand public au cours de l’activité physique et en particulier de la course à pied ?
D’abord il faut apprendre à bien courir car ce n’est pas forcément naturel. Si je ne devais donner qu’un seul conseil, ce serait de faire le moins de bruit possible à chaque appui. Plus on fait de bruit plus l’onde de choc est importante et est suceptible de créer un traumatisme.
Avoir de bonnes chaussures spécifiques de l’activité est aussi essentiel. Dans le cas de la course à pied varier les surfaces de pratique (sous bois, gazon, bitume). Faire un bon échauffement, est important au moins 20 mn : rentrer progressivement dans l’activité, faire monter en température muscles et tendons et éviter les efforts brefs et violents.
Penser à faire un bon étirement avant (très doucement) et après l’activité (plus profond) pour favoriser la récupération.
Bien-sûr il faut avoir une bonne hygiène alimentaire et une bonne hydratation en parallèle de l’activité physique.
Enfin, il ne faut pas forcer sa nature si l’on est fatigué ou après une maladie car l’organisme est plus fragile et les risques de blessures sont accrus.

Comment interpréter une douleur articulaire au cours de l’effort ?
Tout dépend de l’intensité et de sa localisation.

Est elle passagère ou récurrente ?
Pour le tendon d’Achille une douleur après échauffement doit conduire à étre prudent. A partir d’un certain âge la douleur n’est pas forcément le symptome d’une maladie importante mais un signe naturel du vieillissement de l’organisme. Il faut apprendre à vivre avec sans la négliger. Toutefois, en cas de pratique régulière il est peut être nécessaire de demander un avis médical.

Que pensez-vous d’une prévention ou d’un entretien nutritionnel des tendons et des articulations ?
Au cours de ma carrière beaucoup d’athlètes consommaient des nutriments d’entretien et de préservation de la qualité des cartilages et des tendons comme la silice, la chondroitine ou la glucosamine.