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BLUE MONDAY

Le « jour le plus déprimant de l’année » n’est en réalité qu’un concept publicitaire.

Le concept a émergé en 2005 sous couvert d’une formule pseudo-mathématique. Il s’agit pourtant d’une pure invention marketing sans aucune base scientifique.

Comme tous les ans depuis le milieu des années 2000, les média s’empressent de relayer que le troisième lundi du mois de janvier est le « blue monday », le jour le plus triste de l’année.
En 2005 le psychologue Cliff Arnall décrète que le troisième lundi qui succède le Nouvel An peut être considéré comme « le plus déprimant de l’année ». Il a présenté ce concept dans un article scientifique à l’aide d’une formule mathématique faisant intervenir la météo, les dettes contractées pendant les fêtes et la capacité à les rembourser avant la paye de janvier, le temps écoulé depuis Noël, la période écoulée depuis les résolutions de début d’année, le manque de motivation et le besoin d’agir.
Cinq ans après C. Arnall a finalement admis qu’il avait créé cette formule à la demande de l’agence de voyages « Sky Travels ». L’objectif de cette communication était de faire croire aux clients en l’existence d’un pic de déprime un jour particulier de janvier et que le remède consiste à s’évader en prévoyant ses prochaines vacances et en se payant un billet d’avion.

Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Bichat, se montre ferme sur la faiblesse de la formule mise en avant. « Evidemment, il n’y a aucune validation scientifique. Aucune maladie – la dépression étant une maladie comme une autre – ne connaît un pic, un jour donné [dans l’année]. » « Il est biologiquement insensé de mélanger des choses d’une nature aussi différente [dans la formule] », renchérit Roland Jouvent, psychiatre à l’hôpital de la Salpêtrière et professeur à l’université Paris-6. « Des formules mathématiques ne peuvent pas prédire la façon dont une personne va se sentir. »
En résumé, le blue monday a été monté de toutes pièces pour pousser à la consommation. Cependant l’idée perdure malgré les aveux de son auteur et des marques continuent d’utiliser ce pseudo concept pour tenter de vendre leurs produits.

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« L’occasion d’aborder ses émotions »

Malgré tout, Michel Lejoyeux voit dans ce produit marketing une opportunité. « Il a le mérite de mettre en avant la réalité de la dépression, qui concerne 10% de la population. Et certaines personnes vont avoir besoin d’une sorte de prétexte météorologique pour s’avouer à elles-mêmes qu’elles sont déprimées. » Il estime que le blue monday peut être « l’occasion d’aborder ses émotions sans être dans le déni », tout en rappelant les « signes cardinaux de la dépression » : perte d’envie, perte de l’estime de soi, fatigue et troubles du sommeil (difficultés à s’endormir, réveil précoce…).

La dépression hivernale est une réalité

Michel Lejoyeux rappelle l’existence de deux types de dépression : certaines sont saisonnières, d’autres non. Le blue monday, aussi « réducteur » soit-il, peut être l’occasion de rappeler l’existence des petits anti-dépresseurs naturels :
Dans l’hémisphère nord, la dépression liée à l’hiver peut survenir en raison du manque de lumière, entre fin décembre et fin mars. « Nous sommes extrêmement sensibles aux variations de lumière ». Il préconise de s’exposer au maximum à la lumière pour produire de la vitamine D qui « assure le bon fonctionnement des neurones qui portent les émotions positives ». Et si ce n’est pas possible, certains aliments permettent aussi de générer cette vitamine. Il existe également de la luminothérapie.
« Un des dangers de la grisaille, c’est d’y répondre par la sédentarité. On faisait assez naturellement du sport ou une activité physique sous le beau temps, il faut garder cette habitude même quand la météo ne s’y prête pas », conseille-t-il.
Rencontrer des personnes qui nous sont chères aident aussi à lutter contre le blues hivernal. « Peut-être pas un blue monday mais un blue winter », remarque-t-il.